© Crédit photo © Edouard Richard
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Sarah Ruciak

Coordinatrice d'actions culturelles Champ social et accessibilité
(Direction de la Communication et des Publics)

Quel est ton métier et comment le décrire ?

Je suis coordinatrice d’actions culturelles : j’accompagne les publics notamment les groupes du champ social et du handicap pour co-construire ensemble des projets autour de la programmation, à partir de leurs besoins.

Je me présente souvent comme un trait d’union ! Entre ces publics -avec leurs besoins et projets spécifiques- et La Villette. Au quotidien, je valorise auprès de ces publics toute l’offre culturelle de La Villette : le parc, la saison mais aussi les ateliers de Little Villette qui font un travail extraordinaire.

«Je me présente souvent comme un trait d’union ! Entre ces publics -avec leurs besoins et projets spécifiques- et La Villette.»

Pourquoi as-tu choisi de travailler à la Villette ? Il y a-t-il ici une dimension particulière ?

Ce qui me plait à La Villette, ce sont toutes les portes d’entrées possibles pour les publics ! D’autant plus avec la pluridisciplinarité de la saison culturelle.

C’est un lieu unique qui rend possible des actions sur mesure, de la plus sensible à la plus grande échelle, comme les 1000 familles du Secours Populaire accueillies pour leur fête de Noël sur le cirque de Gravity & Other Myths, fin 2023 !

Peux-tu nous décrire une de tes journées type ?

Pas une de mes journées à La Villette ne se ressemblent : c’est le grand écart permanent ! Il m’est arrivé de commencer une matinée à la ferme pour accueillir un groupe de jeunes en situation de handicap sur un atelier, puis d’échanger avec l’équipe technique sur l’adaptation d’un spectacle, et l’après-midi de partir en milieu carcéral sur un projet de jardinage pour finir en soirée sur l’accueil de groupes du champ social !

« Ce qui me plait à La Villette, ce sont toutes les portes d’entrées possibles pour les publics ! »

Comment qualifier ce qui soutient tes actions à La Villette ?

Dans mon métier, il faut beaucoup de patience, de diplomatie, une grande écoute et surtout trouver du sens à ce que l’on fait. Ce que j’adore aussi, c’est de pouvoir travailler avec toutes les équipes de La Villette sur l’accessibilité à différentes échelles.

Par exemple, en ce moment, toute l’équipe EAC (éducation artistique et culturelle) imagine les actions à proposer aux différents publics.

C’est intéressant de dialoguer autant avec les équipes de programmation, communication, technique spectacle et production, notamment. Par exemple, pour audio décrire le spectacle FIQ, il a fallu évaluer et valider les coûts, que la programmation prévienne la compagnie du dispositif et pour collaborer sur la visite tactile. Il y a aussi l’aspect technique à prévoir et il faut rendre visible l’action en communication.

« C’est intéressant de dialoguer autant avec les équipes de programmation, communication, technique spectacle et production, notamment. »

Et côté parc ? 

À l’échelle du parc, c’est avec les équipes de l’exploitation et du bâtiment que la coordination se fait, sans oublier les équipes de sécurité et d’accueil. Depuis 2 ans, on a pu ainsi labelliser Tourisme et Handicap plusieurs de nos espaces. Ça demande de bien connaître l’activité, les lieux et les équipes pour que les dossiers avancent. 

L’accessibilité est un sujet qui prend du temps et qui nécessite des investissements souvent importants. L’appui de la direction générale et des comités de pilotage est indispensable, avec les référents handicap dans chaque direction. D’ailleurs, l’accessibilité fait partie des grands axes de la stratégie RSO de l’établissement. 

« À l’échelle du parc, c’est avec les équipes de l’exploitation et du bâtiment que la coordination se fait, sans oublier les équipes de sécurité et d’accueil. »

Tu parles souvent de la chaîne d’actions en accessibilité. Peux-tu citer un exemple ?

L’accessibilité est vraiment transversale à toutes les directions. On parle vraiment de « chaîne de l’accessibilité » pour que cela fonctionne. Parmi les chaînons, les équipes de l’accueil, de la billetterie et du service client sont essentielles en faisant un gros travail d’information et d’accueil des publics spécifiques (du conseil avant la venue jusqu’au placement en salle).

« L’accessibilité est vraiment transversale à toutes les directions. On parle vraiment de « chaîne de l’accessibilité pour que cela fonctionne. »

Quelle temporalité pour les actions que tu organises ?  

Il faut du temps pour s’approprier les choses et il faut tester les actions en se frottant au terrain. Il y 3 ans, il n’y avait pas vraiment de programmation accessible : il a fallu tenter des choses et impulser la dynamique. 

Par exemple, pour Shazam en 2021, on a testé les gilets vibrants et on a vu que cela correspondait bien à un besoin du public. On est passé à 3 puis 5 représentations les années suivantes, grâce à la mobilisation et à la sensibilisation de toutes les équipes impliquées.

Il faut aussi du temps pour que les offres accessibles soient identifiées par les publics visés. Ils n’ont pas encore l’habitude qu’il y ait une offre adaptée pour eux. C’est un gros travail de communication qu’il faut penser sur le long terme. 

Je dois me déplacer très souvent sur le terrain pour aller à la rencontre des associations et de ces publics. Ce lien à entretenir dans la durée est déterminant pour que La Villette et les offres adaptées soient repérées.

« Ce lien à entretenir dans la durée est déterminant pour que La Villette et les offres adaptées soient repérées. »

Quelle est la place des partenaires associés à tes actions ?

Contribuer à la Mission Vivre Ensemble et à la RECA nourrit mes actions au quotidien et j’ai un lien très fort avec certains partenaires : le groupe SOS Culture, l’association Aurore, le Samu Social de Paris et Culture du cœur.  Ce sont de précieux relais de notre offre nous permettant de toucher des publics très variés.

La Villette a réussi à rassembler des partenaires pour des projets spécifiques comme Jardiner, c’est la santé, qui est soutenu par la Fondation Truffaut, l’association Léo Lagrange, le SPIP 75 et le ministère de la Justice. 

Certains partenaires sont plus spécialisés dans le handicap, comme Accès Culture et les Souffleurs de Sens qui nous aident à adapter la programmation et à nous former pour monter des actions adaptées. Je n’oublie pas Culture Relax avec qui nous collaborons pour la première fois sur Golden Stage, dans quelques jours !

« Les Jeux Olympiques et Paralympiques sont un gros tremplin pour sensibiliser tous les publics au handicap et à la réalité de ce que vivent au quotidien ces personnes. »

Enfin, peux-tu citer des actions spécifiques pour préparer les JOP et surtout l’après-JOP ?

Les Jeux Olympiques et Paralympiques sont un gros tremplin pour sensibiliser tous les publics au handicap et à la réalité de ce que vivent au quotidien ces personnes. Avec les JOP, on vise vraiment du pérenne et on pense au fameux « héritage » qui va rester. Par exemple, on est en train d’ajouter des toilettes adaptées aux personnes à mobilité réduite et de scier des pavés supplémentaires pour éviter toute rupture de circulation des cheminements lisses pour les PMR sur le parc. C’est l’occasion de donner un grand coup d’accélérateur aux investissements qui vont améliorer l’accessibilité des infrastructures et bénéficier à tous les publics.

C’est justement ce concept d’accessibilité universelle qui est important : tout ce qui va bénéficier aux personnes en situation de handicap va bénéficier à tous.

« C’est […] ce concept d’accessibilité universelle qui est important : tout ce qui va bénéficier aux personnes en situation de handicap va bénéficier à tous. »