Coordinatrice d’actions culturelles au sein du pôle Education Artistique et Culturelle de la Villette, Amanda Coutouzis évoque la richesse et la pertinence du partenariat avec l’école du CNAC et ses jeunes artistes circassiens.
Comment qualifier la collaboration entre le CNAC et La Villette côté éducation artistique depuis près de 30 ans ?
C’est un partenariat riche et sincère qui nous permet d’accompagner les jeunes artistes et d’enrichir nos actions culturelles pour les groupes.
On fait partie de leur insertion professionnelle en les informant sur les dispositifs d’aide et en leur offrant un tremplin pour tester leurs créations à travers nos ateliers et rencontres avec les groupes. Dès le début, ils explorent avec nous les opportunités de collaboration avec La Villette et avec les résidences de l’Espace Périphérique. Nous jouons aussi un rôle de médiation en leur apportant des repères concrets sur les usages administratifs associés aux actions culturelles.
Pour nous, cette collaboration est précieuse : ils testent leurs projets et nous renouvelons chaque année notre réseau de jeunes artistes intervenants en éducation artistique pour explorer de nouvelles thématiques sociétales en lien avec nos groupes.
« Nos actions s’inscrivent sur le long terme. Dès leur formation à Châlons-en-Champagne, nous les sensibilisons à l’importance de l’éducation artistique. »
Comment se construisent vos actions d’éducation artistique en lien avec le CNAC, chaque année ?
Nos actions s’inscrivent sur le long terme. Dès leur formation à Châlons-en-Champagne, nous les sensibilisons à l’importance de l’éducation artistique. Pendant leur spectacle à La Villette, ils participent à des actions ponctuelles : répétitions ouvertes, performances en milieu scolaire, ateliers et rencontres.
Après leur tournée, nous leur proposons des projets plus longs : semaines d’immersion artistiques ou parcours thématiques sur une année avec des collèges et lycées, pour qu’ils intègrent durablement la médiation à leur pratique.
« Leur engagement est un atout pour l’EAC : confrontés à divers publics, ils questionnent leur propre démarche et sortent de l’entre-soi du spectacle. »
Pour les groupes que vous accompagnez, quel est le bénéfice de ces échanges avec les jeunes circassiens du CNAC ?
La force du collectif, le dépassement de soi, la mise en danger, l’équilibre : le cirque offre une symbolique forte qui résonne avec les jeunes. Certaines créations abordent des enjeux sociétaux comme l’écologie ou l’inclusion, enrichissant les projets éducatifs.
Un projet récent sur l’équilibre et les planches de bois nous a permis de travailler sur la confiance en soi et la question du handicap. La diversité des artistes favorise l’identification des jeunes qu’on accompagne et leur ouvre de nouvelles perspectives.
Leur engagement est un atout pour l’EAC : confrontés à divers publics, ils questionnent leur propre démarche et sortent de l’entre-soi du spectacle.
Ce partenariat offre aux jeunes accompagnés un accès à un monde riche en symboles et confronte les artistes à un public très diversifié. Ces échanges sincères enrichissent autant leur parcours que celui des spectateurs et donnent du sens à la transmission artistique.
Propos recueillis par Anne Courcon