Avec Immersive Movement, Michel « Meech’ » Onomo transforme vingt ans de recherche chorégraphique en un manifeste vibrant. Porté par une matière sonore organique (beatbox, cordes, percussions), il fait surgir le Ghôst Flow, un langage du corps à la fois spectral et incisif. Entre maîtrise et lâcher-prise, la danse devient traversée, pulsation, acte de résistance sensible où chaque geste affirme une présence intensément humaine.
Quel point de départ artistique ou intime a déclenché ce projet ?
Immersive Movement s’inscrit dans le prolongement de plus de vingt années de recherche artistique. Il est le fruit de ma traversée personnelle, corporelle et créative. Ce projet prend racine dans mon ancrage afro-descendant, lié à mes origines camerounaises, et dans l’héritage culturel qui m’a façonné. Il marque un temps de synthèse, où l’expérience accumulée devient matière vivante pour une écriture plus épurée et consciente.
Votre travail s’inscrit à la croisée de plusieurs héritages. Qu’explorez-vous avec Immersive Movement ?
La pièce se situe à la croisée des musiques live et des cultures populaires. Elle explore les dialogues entre danse hip-hop, héritages afro-descendants et pratiques contemporaines, sans hiérarchie, dans une continuité naturelle. Immersive Movement interroge la mémoire du corps, le rapport au rythme et la transmission des cultures vivantes à travers le mouvement.
« Le Ghôst Flow est le rassemblement des formes, des histoires et des influences qui m’ont traversé au fil des années. »
Pouvez-vous expliquer en quoi consiste le Ghôst Flow ?
Le Ghôst Flow est le rassemblement des formes, des histoires et des influences qui m’ont traversé au fil des années. Il constitue mon écriture chorégraphique et mon espace d’inspiration. À travers ce langage, je propose une contribution personnelle à la culture hip-hop et aux cultures africaines, en mettant en circulation leurs énergies, leurs récits et leurs rythmes dans une forme libre et incarnée. « Un geste pur, c’est un mouvement pleinement accompli… »
Comment les collaborations artistiques ont-elles nourri la pièce ?
Elles ont nourri le projet de manière vernaculaire, par l’échange direct, l’écoute et l’expérimentation. Les regards extérieurs, la création lumière et le travail sur le costume ont participé à une construction collective du geste et du sens, renforçant le caractère vivant, organique et sensible de la pièce.
Propos recueillis par La Villette en février 2026
Meech De France, de son vrai nom Michel Onomo, est chorégraphe, danseur et pédagogue pluridisciplinaire basé à Paris. Il est également directeur pédagogique et artistique de la formation THONY MASKOT SCHOOL. Figure majeure du mouvement hip-hop et house français, il développe depuis plus de vingt ans une approche singulière du freestyle chorégraphique, où se rencontrent danse, musique, spiritualité et technologie.
Fondateur du Ghôst Flow Movement et de la Compagnie Michel Onomo, il explore le lien entre visible et invisible à travers un langage corporel fluide et sensible, inspiré des danses afro-descendantes et des musiques électroniques contemporaines. Directeur artistique et pédagogique à l’École Kim Kan et fondateur de l’association Too High Spirit, il s’engage dans la transmission, la formation et l’inclusion par la culture.
À travers des projets tels que Ghôst Flow Éducation, Session 2 Style ou Immersive Movement, Meech poursuit une recherche autour du geste pur, d’une danse libre et consciente, à la croisée de l’humain et du technologique.
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