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© Stéphanie Liochon - Ville de Chatillon-sur-Chalaronne
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Au cœur du réseau : la Micro-Folie de Châtillon-sur-Chalaronne

La Micro-Folie Châtillon-sur-Chalaronne est une des 6 Micro-Folies ouvertes dans l’Ain, en Auvergne-Rhône-Alpes. Ouverte en 2024 dans le cadre du label Petites villes de demain, elle occupe aujourd’hui une place centrale dans la vie culturelle de la commune. La Villette a rencontré l’équipe qui fait vivre ce projet chaque jour.

Éolia Dang Van Thuyen est responsable des musées municipaux de la ville de Châtillon-sur-Chalaronne, et médiatrice culturelle pour les publics scolaires et les groupes, notamment au sein de la Micro-Folie. Stéphanie Liochon est chargée de communication pour le pôle culturel de la ville. Elle est aussi médiatrice culturelle pour la Micro-Folie, où elle s’occupe des publics individuels et de la médiation autour des événements culturels nationaux, comme la Nuit des Musées ou les Journées du Patrimoine. Elle anime également les ateliers de Réalité Virtuelle.

Comment la Micro-Folie de Châtillon-sur-Chalaronne est-elle née ?

Éolia : En 2022, la ville s’est inscrite au label Petites villes de demain qui donnait accès à différents projets dont la Micro-Folie. Cette dernière répondait à une problématique récurrente dans nos écomusées : une image de structures vieillissantes, en pleine ère du développement du numérique dans les musées. Le projet a abouti en 2024 et nous fêtons nos deux ans cette année. La Micro-Folie apporte une forme de modernité culturelle.

L’entrée de la Micro-Folie de Châtillon-sur-Chalaronne, dans l’ancien Hôtel-Dieu. © Stéphanie Liochon, Ville de Châtillon-sur-Chalaronne

Comment la Micro-Folie s’intègre-t-elle dans ce lieu chargé d’histoire ?

Eolia : On arrive à faire des liens entre les collections permanentes et le Musée numérique : certains contenus dans la tablette répondent à ce qui est montré dans le musée, qui est consacré à la vie en 1900. On a la chance d’être dans un beau cadre : on entre dans un ancien Hôtel Dieu du XVIIIe siècle, avec une tour de rempart, une chapelle, un jardin médicinal, une apothicairerie… et la Micro-Folie. Elle est installée dans l’ancienne salle des malades, qui est très grande. Elle permet de créer différents espaces entre le Musée numérique, les ateliers pratiques et les expositions temporaires.

Comment la Micro-Folie s’est-elle inscrite dans le paysage culturel de Châtillon-sur-Chalaronne ?

Eolia : Il y a une vraie collaboration entre les différents services de la ville. Nous travaillons avec la médiathèque, l’école de musique et les musées municipaux autour d’une thématique commune à toutes les structures. La Micro-Folie donne une nouvelle dimension à ce projet avec un espace d’exposition et une ouverture sur l’art. Cette année, par exemple, nos médiations et nos événements tournent autour de l’insecte. Dans l’espace d’exposition, on invite des artisans d’art et des artistes locaux : ils peuvent exposer leur travail à proximité du Musée numérique. Cela nous permet d’introduire les visiteurs plus réfractaires au numérique et à l’art sur écran.

L’espace exposition de la Micro-Folie de Châtillon-sur-Chalaronne © Stéphanie Liochon, Ville de Châtillon-sur-Chalaronne

Il y a donc une réelle complémentarité entre la Micro-Folie et les autres structures culturelles de la ville…

Eolia : Tout à fait ! Pendant les Journées du Patrimoine, par exemple, l’idée est d’ouvrir les portes de nos musées. La Micro-Folie vient en appui, avec des playlists d’œuvres créées autour du thème annuel — en 2025, c’était « Patrimoine architectural », nous avons donc beaucoup utilisé la Collection Notre-Dame de Paris. La Micro-Folie est un espace supplémentaire qui fonctionne soit en synergie avec les autres lieux, soit en tant que musée à part entière.

Stéphanie : Pendant nos événements locaux, par exemple la Journée de sensibilisation à la santé de la femme du 11 avril, on intègre la Micro-Folie dans la programmation. On propose une playlist d’œuvres qui aborde la place de la femme dans la société, à travers l’histoire de l’art, mais aussi la place de la femme dans l’art même.

Eolia : Nous sommes très ouvertes dans notre manière d’appréhender le Musée numérique. Lorsqu’on traite un sujet, on voit très large ! Sur le thème des insectes, on parle de la bicyclette « papillon » et de la voiture « coccinelle ». Cela nous permet de constituer des playlists très riches, et de créer du lien et des discussions avec le public. On joue beaucoup sur la pluridisciplinarité des contenus à notre disposition.

Quels sont les publics qui profitent le plus de votre Micro-Folie ?

Eolia : On a de tout ! Sur la biodiversité et les insectes, nous accueillons principalement des groupes scolaires sur réservation, des centres sociaux, des centres de loisirs…

Stéphanie : …et nous accueillons les publics individuels à horaires fixes chaque semaine, en visite libre. Soit nous diffusons les Collections, soit nous créons nos propres sélections pour proposer de la nouveauté à nos habitués !

Eolia : Il nous arrive de recevoir des groupes venus de maisons de retraite. Récemment, nous avons accueilli le pôle Alzheimer de la maison de retraite locale, tout un après-midi. Certains pensionnaires ont des réminiscences en voyant les œuvres défiler à l’écran, c’est touchant ! Pour en savoir plus (lien vers l’article du journal municipal p.30) À terme, on aimerait développer une itinérance pour faire venir le musée aux résidents de la maison de retraite, et leur éviter un déplacement parfois compliqué.

Un atelier jeune public présenté par Eolia, médiatrice à la Micro-Folie © Stéphanie Liochon, Ville de Châtillon-sur-Chalaronne

Vous dites que vous accueillez « tous les publics ». Est-ce que cela comprend les publics en situation de handicap ?

Stéphanie : Autant que possible. Une anecdote illustre bien cela. Lors de la Nuit des musées 2025, une famille m’a contactée pour me demander si la Micro-Folie était en capacité d’accueillir son enfant autiste. Les parents m’ont expliqué que leur enfant était souvent exclu des lieux culturels, faute d’aménagements. Nous avons pu adapter notre musée en réduisant la luminosité, ou encore l’ambiance sonore, ce qui leur a permis de participer à un événement culturel national pour la première fois. C’est dans ces moments-là qu’on comprend que notre métier est magnifique : la culture est pour tous, quelles que soient nos différences.

Quels moments préférez-vous, à la Micro-Folie ?

Eolia : Pour ma part, j’adore travailler avec les publics scolaires. J’adore l’échange avec les enfants, et leur vision. Ici, ils ont la possibilité de s’exprimer sans cadre, à l’inverse de ce qui leur est demandé à l’école. À la Micro-Folie, quand je leur pose une question, elle est ouverte : ils peuvent me dire ce qui leur passe par la tête, et c’est très enrichissant. En plus, aujourd’hui, on a de plus en plus d’élèves en situation de handicap, notamment avec les classes ULIS : la tablette et l’écran nous aident à échanger avec ces enfants. Dans un autre contexte, ils n’auraient peut-être pas osé parler ou interagir avec nous.

Stéphanie : Personnellement, j’aime beaucoup accompagner les pensionnaires des maisons de retraite. C’est une très belle expérience humaine.

Quel est votre contenu, œuvre ou Collection préférée ?

Eolia : J’aime beaucoup la captation du concert d’Angélique Kidjo (ndlr : disponible dans la Collection Grand Est), et À Musée Vous, À Musée Moi d’ARTE et Dada Media.

Stéphanie : J’adore le Tournesol de Klimt, qui a été ajoutée récemment. Et je trouve la Collection Bretagne incroyable.

Eolia : Oui, on sent le travail de recherche derrière les Collections les plus récentes. De mon coté, j’aime beaucoup la Collection Impressionnisme. Et mention spéciale à la Collection Sport, que je trouve vraiment inclusive : c’est la culture au sens large, avec une belle présence de la pop culture. Elle s’ouvre à un public jeune ou adolescent, le plus difficile à attirer chez nous.