Quel est votre métier et comment cette mission s’articule avec les autres équipes ?
Mon métier est de faire rayonner toutes les activités de La Villette (saison culturelle, engagement biodiversité et bien-être animal, pratiques sportives), auprès des médias, quels qu’ils soient.
Les relations presse concernent toute la vie de La Villette, au-delà de la saison culturelle, et touchent toutes les dimensions de l’établissement.

Les demandes presse sont de tous genres : la programmation, la présidence, un lieu précis du parc, un aménagement, un projet, une donnée économique, une action culturelle ou un atelier pour enfants… c’est cette diversité qui fait de La Villette un lieu unique !
Le service de presse travaille avec toutes les directions : avec les équipes de la programmation, de Little Villette et de l’évènementiel pour les sujets autour de la saison mais aussi avec la technique spectacle pour coordonner les tournages, avec la production pour les artistes et leurs droits à l’image notamment, ou encore avec la direction de l’exploitation pour toutes les demandes concernant l’extérieur ou pour présenter un jardin, par exemple.
Évidemment, le lien est très soutenu au sein de la direction de la communication : on partage les informations et on échange beaucoup notamment pour éditer les dossiers de presse. On fait « remonter » l’image de La Villette dont la presse fait écho à travers la revue de presse qui montre le résultat immédiat de notre travail. Les relations presse donnent aussi des résultats à long terme. Même s’il n’y a pas d’article juste après un contact avec un journaliste, l’accueillir régulièrement et entretenir le lien dans le temps peut aboutir à un article de fond.
Et puis, les journalistes sont des relais d’opinion : c’est aussi une manière de faire rayonner La Villette.
« Il faut dire que la Grande Halle est un lieu sans équivalent à Paris et le parc a beaucoup évolué avec de nouveaux espaces. »
Après 33 ans aux relations presse, est-ce que les journalistes ont fini par comprendre ce qu’est La Villette ?
Oui, pour la majorité d‘entre eux. À mes débuts, La Villette était surtout incarnée par la Cité des sciences et de l’industrie. La Philharmonie n’existait pas encore. On a mis un certain temps à se détacher de cette image et je devais expliquer à chaque fois qui on était.
Aujourd’hui, notre image est bien installée et la singularité du lieu est repérée. On sait désormais qu’à La Villette, il y a de grands événements et que la Grande Halle est par exemple un incroyable écrin pour certaines propositions artistiques.
Il faut dire que la Grande Halle est un lieu sans équivalent à Paris et le parc a beaucoup évolué avec de nouveaux espaces.
Du nord au sud, il y a eu sans cesse des aménagements. Une nouvelle halle ouvrira au printemps 2026 et embellira encore le parc.
En tous cas, depuis 33 ans, je suis toujours charmée par la beauté et l’environnement du parc ; je ne m’en lasse pas !

Les relations presse sont-elles particulières à La Villette ?
Oui, et c’est lié à la complexité du projet : nous sommes différents des autres lieux culturels, puisqu’on est sur un parc avec des lieux en intérieur et en extérieur.
La Villette, c’est l’alliance de la nature et de la culture. Cela se traduit à différentes échelles autant par des événements, des spectacles, des expositions, des ateliers pour enfants que par l’ouverture de nouveaux lieux comme les Jardins passagers, la Ferme de la Villette ou encore Freestyle Villette tout récemment.
De la création à la biodiversité, on joue vraiment sur plusieurs tableaux.
Toute Villette qu’on est, la concurrence est énorme pour chaque évènement, et il faut exister dans l’offre pléthorique parisienne mais aussi à l’intérieur même de notre saison !
Les relations presse participent directement à l’image du lieu ou d’un spectacle et contribuent à soutenir créatrices et créateurs. Elles font partie de l’accompagnement de la jeune création par La Villette. On a lancé des artistes en faisant venir les premiers journalistes qui ont ainsi découvert leur travail. Plusieurs carrières ont démarré ici.
Bien sûr, il faut relativiser : la presse ne peut pas, à elle seule, faire ou défaire une notoriété : Elle complète le bouche-à-oreille et toutes les actions de communication.
« Cela nécessite d’être curieux, disponibles et très réactifs. »
Quelles qualités sont nécessaires pour ce métier et a-t-il changé au fil des ans ?
Il s’agit d’entretenir un relationnel avec tout un réseau, et de toujours faire venir de nouveaux journalistes. Cela nécessite d’être curieux, disponibles et très réactifs.
On doit lire sans cesse la presse et se tenir à l’affût des actualités des artistes et des enjeux culturels. Il faut être diplomates et s’adapter aux demandes qui sont parfois de dernière minute. On doit repérer aussi les offres concurrentes.
Certains sites de sorties occupent aujourd’hui une place de prescripteurs à part entière. Nous collaborons avec eux, en complément des journalistes de la presse écrite, de la radio ou de la télévision.
Ce qui reste essentiel est le lien de confiance à maintenir dans la durée, pour favoriser la fidélité de nos relais presse.

Des souvenirs particuliers ou des moments forts pour vous ?
Évidemment, je suis très heureuse quand un spectacle fait réagir toute la presse : je pense par exemple aux récents succès des spectacles de Miet Warlop, de Philippe Decouflé ou de XY. Ils ont suscité l’intérêt général, malgré des formats très différents.
Les événements dimensionnés pour les espaces de La Villette m’ont toujours marquée. J’attends d’ailleurs beaucoup de la prochaine proposition de Brigitte Poupart dans la Grande Halle. Je pense aussi à Némo Flouret, ou à William Forsythe x Ryoji Ikeda et aux programmations en extérieur comme le festival du Cinéma en plein air ainsi qu’à tous les spectacles ou installations qui se sont adaptés aux espaces du parc comme récemment le Molière Fest, mais aussi à Lumières, aux œuvres de Royal de Luxe, de Yayoi Kusama ou encore de Li Wei sur la place de la Fontaine aux Lions.
Le Parc des Nations a été un événement formidable en ce sens. Il a révélé toute notre dimension multiculturelle et l’accueil par La Villette des publics dans toutes leurs diversités.
Qu’est-ce qui vous semble important de préserver ou de développer à La Villette ?
Maintenir des événements dimensionnés pour nos lieux et préserver la diversité des publics. Ceux qui viennent aux spectacles, mais aussi le public familial de Little Villette et de la Ferme ou celui qui vient juste pour pique-niquer sur les pelouses.
Tout le monde peut trouver quelque chose à son goût sur le parc, c’est ce qui est incroyable.
La Villette est le lieu de tous les possibles et c’est une vraie chance.
Propos recueillis par Anne Courcon en novembre 2025
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© Joseph Banderet
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© Kusama
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