Dans sa troisième création, Léa Vinette s’intéresse à la tension entre l’écoute, l’adaptation à l’autre et l’émergence du désir. Ce qui importe est la pulsation des corps : une danse faite de micro-mouvements, d’articulations fines, de respirations partagées. À partir de cette matière contenue, le trio joue avec les contrastes, étire la danse, libère par moments des physicalités plus engagées, pour laisser apparaître le mouvement plutôt que de l’imposer.
Le titre Éclats évoque la fragmentation autant que l’intensité. Comment ce mot s’est-il imposé dans votre démarche de création et que recouvre-t-il dans l’écriture de la pièce ?
Éclats évoque pour moi à la fois la multiplicité et la répétition jamais exacte. Des éclats comme des fragments de corps, de gestes, d’états, qui apparaissent, disparaissent, se recomposent. La pièce se construit à partir de micro-mouvements, de pulsations, d’articulations fines, qui par moments s’ouvrent vers des physicalités plus engagées. Le titre parle aussi de ce qui brille, de ce qui surgit par surprise, dans le désir de faire ensemble, sans chercher une forme fixe ou une harmonie installée.
Sur quels axes de recherche repose l’écriture chorégraphique d’Éclats : travail du corps, exploration du rythme, construction de ruptures ou de continuités ?
L’écriture d’Éclats repose sur une attention fine au corps et à la présence: pulsation, respiration, densité, précision du geste. Le mouvement dialogue avec plusieurs rythmicités : celles des sensations internes, celles des percussions de la musique originale, et celles qui naissent de l’interaction entre les interprètes et leur environnement. La danse se construit dans ces écoutes croisées, par ajustements, décisions partagées et engagements sensibles.
« La pièce approfondit mon intérêt pour une danse dense, sensible et exigeante. »
En quoi Éclats marque-t-il une étape ou une évolution dans votre parcours et votre recherche chorégraphique ?
Après le solo Nox et le duo Nos FEUX, Éclats marque pour moi un passage vers le travail de groupe. Le trio me permet d’explorer autrement la relation: comment exister avec les autres, sans fusion, dans l’écoute, le jeu et l’engagement physique. La pièce confirme mon intérêt pour une danse dense, sensible et exigeante, où les sensations de force, de vulnérabilité et de plaisir alternent et se tissent, dans un rapport très présent au corps et au public.
Propos recueillis par La Villette en janvier 2026
Formée aux conservatoires de Nantes et de Lyon, LÉA VINETTE suit des formations en danse et chorégraphie à l’école ArtEZ (Pays-Bas) puis à Charleroi Danse. En 2014, elle découvre la fasciapulsologie appliquée à la danse par Florence Augendre, une pratique qui devient essentielle à sa recherche et à son travail de création.
Léa Vinette crée le solo Nox en 2022 et en 2024 le duo Nos FEUX avec le danseur Ido Batash. Depuis 2024, elle est artiste associée au Cndc Angers, accompagnée par le Réseau Tremplin (2024-2027), par le Grand Studio à Bruxelles et soutenue par la Caisse des Dépôts, mécène principal.
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