Collections, de Victoire de Changy, Fanny Dreyer et Lucie Rezsöehazy, réunit objets intimes, souvenirs et fragments d’héritage dans une lecture musicale et dessinée. Cailloux, coquillages et fleurs séchées deviennent des trésors d’enfance, évoquant l’amour, l’absence et la mémoire.
Collections est l’adaptation sur scène d’un livre éponyme écrit par Victoire de Changy et illustré par Fanny Dreyer. Que raconte ce livre ?
Sept enfants nous présentent tour à tour leurs trésors. Au-delà du plaisir de trouver l’objet rare, il y a pour le collectionneur celui d’organiser et de prendre soin des objets. Omar, par exemple, dispose ses trouvailles sur l’appui de la fenêtre de sa chambre. Avec Cléo, qui poursuit une collection de mains commencée par sa grand-mère puis agrandie par sa mère, Victoire de Changy raconte aussi de quel désir, de quel manque ou de quelle transmission peut naître une collection. Fanny Dreyer mixe la gouache, le feutre et les crayons de couleur pour réaliser des images envoûtantes où alternent natures mortes et scènes de vie.
« À chaque collection sa mélodie et son principe graphique. »
Comment avez-vous eu l’idée d’adapter ce livre pour la scène ? Comment avez-vous travaillé ?
Quand La Villette nous a invitées à faire de notre album une lecture spectacle, cela nous a paru évident : nous avons dit oui. Nous avons imaginé la musicalité du texte portée à voix haute, le refrain d’une chanson tel qu’il est déjà placé dans le livre, avec la récurrence des battements de cœur et ces phrases répétées. Nous avons perçu dans les techniques d’illustration de Fanny un potentiel de déploiement graphique hors des pages, et dans la musique de Lucie, l’élément nécessaire pour faire d’un livre un spectacle vivant. Nous avons travaillé chapitre par chapitre ; à chaque collection sa mélodie et son principe graphique.
Lucie Rezsöhazy, pouvez-vous nous parler de la musique que vous avez composé pour ce spectacle ?
Le livre est découpé en 8 chapitres pour 8 collections. Chaque chapitre fait l’objet d’un tableau musical, avec sa propre harmonie et un son spécifique, allant du piano et des sons chauds, à des sonorités plus électroniques et à la manipulation d’objets en résonnance avec les objets des collections et leur saison. Je suis pianiste et chanteuse de formation, certains passages viennent de ces ritournelles qui ne me lâchent pas, d’autres ont été inspirés par l’imagerie des personnages. La phrase récurrente « Son cœur bat si
fort… » ponctue l’œuvre, elle est évoquée par des sons de battements, rythmes ou lecture en chœur, reliant les chapitres entre eux. La technique de Fanny prolonge le texte avec des déploiements d’images soutenus par un fond musical, offrant une expérience plus onirique. Sur scène, je joue la musique au synthé Nord Stage, permettant des sons superposés, des ambiances et des samples.
Ne manquez pas ce spectacle