Avec Sous la surface, la compagnie Écailles explore le brouillon comme espace de création et de transformation. Entre danse, arts visuels et jeu d’ombres, le spectacle plonge dans un univers où le papier devient matière vivante. À travers un voyage initiatique, le personnage principal découvre dans ses erreurs une source d’évolution. Coralie Maniez revient ici sur son processus de création et sa vision du brouillon comme outil de dépassement de soi.
Quel est le sujet du spectacle ?
Sous la surface est un spectacle qui explore le processus de création à travers le thème du brouillon.
Le brouillon, ici représenté sous sa forme froissée, destiné à être jeté, se déploie tout au long du spectacle et invite le spectateur à un voyage imaginaire. Notre protagoniste, en entrant dans sa corbeille à papier, va passer dans une autre dimension. Son périple semé de rencontres va l’amener à traverser autant de paysages que d’émotions. C’est en suivant ce chemin, semé de brouillons, que va se dessiner peu à peu son histoire. Une histoire en perpétuelle mutation, qui lui offre la possibilité de se transformer et d’oser.
« Sous la surface est né de l’idée de plonger, plonger en dedans de nous, en même temps que dans l’intimité d’un monde, ici celui du brouillon. »
Pourquoi avez-vous donné ce titre au spectacle ?
Sous la surface est né de l’idée de plonger, plonger en dedans de nous, en même temps que dans l’intimité d’un monde, ici celui du brouillon. C’est l’idée de dépasser des barrières fictives, comme la peur de la page blanche associée à la peur de rater. Et c’est aussi le voyage physique que réalise notre personnage dans le récit, une descente de la montagne jusque dans les profondeurs marines. C’est d’ailleurs une descente qui fait progresser notre personnage, ce qui rejoint notre volonté d’ériger l’échec, le raté, en outil d’évolution !
Pourquoi avez-vous eu envie de travailler avec du papier ?
Nous avons commencé à travailler le papier lorsque l’envie est née d’explorer les possibilités de la lumière led colorée. J’aime lier les arts plastiques et le théâtre gestuel et l’idée que la couleur puisse donner forme à des paysages m’a conduit à me tourner vers le support des dessinateurs, à savoir le papier. Celui que nous avons trouvé peut se sculpter, se coudre, se teinter et est très résistant. Il dispose des facultés du tissu et du papier, ce qui nous a permis d’en faire la base de notre scénographie et de nos costumes. Ce monde de papier entre en résonnance avec les émotions de notre protagoniste et est aussi la surface de projection de son imaginaire. Nous y projetons d’ailleurs des ombres. C’est une matière vivante, qui se sculpte, à la fois fragile et résistante, elle se transforme tout au long du récit, à l’image du personnage.
Propos recueillis par La Villette en mars 2025