façade micro-folie le pouliguen
© Crédit photo
© Romain Gautier
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À la rencontre des médiateurs et des médiatrices : la Micro-Folie Le Pouliguen

Chaque mois, la Micro-Folie du Pouliguen accueille l’atelier « Tasse de Ciné » : une collaboration thématique entre deux associations culturelles de la région : Culture en Folie, qui gère et anime la Micro-Folie, et Ciné’Phare, qui exploite le Cinéma PAX. Quand l’occasion s’y prête une troisième association est invitée à participer. L’idée ? Profiter d’une séance de cinéma d’Arts et d’Essais, puis rejoindre la Micro-Folie, de l’autre côté de la place pour participer  à un débat, une discussion ou, parfois, assister à une conférence.

Le 5 juin 2025, la Micro-Folie du Pouliguen proposait une exploration de la musique. Après la projection du film En fanfare d’Emmanuel Courcol, une cinquantaine de spectateurs s’est retrouvée pour débattre de la question de l’élitisme dans la musique. La discussion fut suivie d’un moment d’échange avec la Batterie fanfare de la Côte Sauvage, association invitée du jour, qui a pu partager ses défis pour une initiation à la musique traditionnelle aux plus jeunes.

Nous sortons de l’atelier « Tasse de Ciné » que vous venez d’animer. Quel est votre rôle en tant que médiatrice lors de ces séances ?

Marion Jousseaume, médiatrice à la Micro-Folie Le Pouliguen : Lors de la « Tasse de ciné », mon rôle de médiatrice est d’animer la discussion. Je dois trouver des questions et des thématiques suffisamment engageantes, pour que les participants prennent la parole. Je suis là pour les mettre à l’aise et leur donner envie de partager leurs expériences, pour faire évoluer le débat. Je pars toujours des connaissances des visiteurs pour créer des résonnances entre leur quotidien et les œuvres d’art.

C’est une méthode que vous utilisez aussi lors de vos séances avec le Musée numérique ?

Marion Jousseaume : Oui. Je tente de guider le regard du public, de lui donner des clefs de compréhension. J’essaye de lui offrir un espace d’expression et de réflexion sur ce qui défile à l’écran. Par exemple, j’utilise beaucoup les vidéos d’ARTE qui sont très humoristiques, et qui permettent de désacraliser l’œuvre d’art abordée.

L’atelier d’aujourd’hui compte une cinquantaine de participants, certains habitués, d’autres qui viennent pour la première fois. C’est un lieu important pour le territoire ?

Marion Jousseaume : Il faut rappeler que c’est un dispositif qui rend accessible la culture à ceux qui en sont éloignés. Sur notre territoire, aller au musée le plus proche, ce n’est pas simple : venir ici c’est profiter de l’art. La Micro-Folie, en s’installant dans un lieu bien identifié par la population, permet de rapprocher les publics de la culture. C’est un lieu de vie où les gens se rendent naturellement, ce qui facilite le lien avec le musée : on est loin des temples ou des star architectures intimidantes.

Philippe Bauquel, président de l’association Culture en Folie : Ce lieu contribue à la diversification de la culture au Pouliguen mais aussi sur tout le territoire de Cap Atlantique. Les statistiques de fréquentation nous montrent que sur la totalité des visiteurs de la MF, 50% viennent du Pouliguen, les 50 restants se répartissant entre les communes limitrophes, le territoire ou le reste de la France ou l’étranger pendant les périodes de vacances. Ce lieu leur permet d’accéder gratuitement à différentes formes d’expressions artistiques, mais aussi d’échanger et de partager leurs émotions. La circulation de l’émotion entre les artistes qui contribuent à ce lieu et le public est très importante pour nous. On demande à des artistes de venir à la Micro-Folie pour y présenter leur travail et leur démarche : c’est fondamental.

« Aller au musée sur notre territoire, ce n’est pas simple. La Micro-Folie permet de profiter de l’art. »

Marion Jousseaume, médiatrice à la Micro-Folie Le Pouliguen

Comment sont nées les « Tasses de Ciné » et cette collaboration entre le Cinéma PAX et la Micro-Folie ?

Philippe Arnera, directeur de l’association Ciné’Phare : La « Tasse de Ciné » est un rendez-vous mensuel qu’on proposait autrefois dans des cafés de la commune. Quand ça n’a plus été possible, on a réactivé ces rendez-vous grâce à la Micro-Folie. Cela nous permet de prolonger les échanges avec les publics dans un cadre convivial. Grâce à cette collaboration, chaque association touche des nouveaux publics.

C’est la première fois que la fanfare collabore avec la Micro-Folie. Quel partenariat se dessine pour la suite ?

Pierre Javel, président de la Batterie fanfare de la côte sauvage : Pour la « Tasse de Ciné » d’aujourd’hui, nous avons profité de la thématique pour présenter l’association et quelques instruments de la fanfare. À terme, nous envisageons un partenariat durable avec la Micro-Folie : elle bénéficie d’un public d’habitués et d’un réseau associatif précieux. La transmission est une mission importante de l’association, tout comme la cohésion intergénérationnelle : c’est l’axe à développer avec la Micro-Folie.

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