
Quel est votre métier et comment résumer vos missions à La Villette ?
Je suis responsable de programmation des expositions pour Micro-Folie.
Comme commissaire d’exposition, j’assure la programmation au niveau national de Micro-Folie à travers les Collections du Musée numérique.
Ces expositions comptent environ 3800 œuvres numérisées et sont à la fois pluridisciplinaires et inter-époques. C’est leur essence même. Mon travail de curation implique une importante partie de recherches ; il faut donc être tout à la fois généraliste et curieux.
Pour l’autre partie de ma mission, je m’occupe des relations entre Micro-Folie et les établissements partenaires du réseau dans lesquels les œuvres sont conservées. Le Musée numérique ne pourrait pas vivre, ni se développer sans toute cette partie de partenariat.
Comment résumer le projet Micro-Folie et en quoi est-il spécifique ?
On présente souvent Micro-Folie comme un projet numérique mais c’est avant tout un projet humain. Le Musée numérique est certes visible sur un écran et des tablettes mais sans les porteurs de projet des territoires, sans les médiateurs et sans le public, le projet n’existe pas. Le plus important, c’est la culture comme lien humain.
C’est évidemment un projet de démocratisation culturelle qui donne l’opportunité aux citoyens de se saisir de son patrimoine ou d’en découvrir d’autres, et de pouvoir ensuite se rendre ensuite dans un lieu culturel. Micro-Folie est une vraie porte d’entrée pour tenter de déconstruire les barrières économiques et culturelles qu’on peut avoir pour dépasser l’appréhension d’entrer dans un musée.
Ce réseau est également spécifique parce qu’il s’adapte à tout type de territoire. Il y a aujourd’hui 500 Micro-Folies ouvertes et aucune ne se ressemble. Chacune va créer une programmation spécifique en écho aux besoins de son public. C’est une sorte de haute couture de la culture, au sens du travail sur mesure qui peut s’adapter à chaque lieu, à chaque projet et à chaque public.
Quel est le fil rouge des contenus du Musée
numérique ?
On a assez vite dépassé le concept de départ qui était de démocratiser les grands chefs-d’œuvre de la nation pour viser quelque chose de moins abstrait avec des collections qui mettent en lumière les trésors régionaux, qui racontent l’histoire des territoires.
Le fil rouge, ce sont plutôt les envies de programmation qui ont du sens avec notre objectif de démocratisation culturelle, mais aussi celles qui célèbrent des grands moments culturels français ou internationaux communs.
On prend aussi en compte l’attente des partenaires comme celle des médiateurs : c’est un équilibre délicat et des compromis à trouver, mais on sait faire.
Quelle est la part du travail inter-équipes
dans votre mission ?
Je travaille de concert avec les équipes production et juridique pour la négociation des droits. On est très soudés et on arrive à trouver ensemble des solutions, même pour des négociations très compliquées.
Je travaille bien sûr avec toute l’équipe Micro-Folie de La Villette et surtout avec les chargées de déploiement qui sont référentes d’un territoire en France ou à l’international et chargées de toute l’ingénierie culturelle. Ce sont des personnes clés dans le projet. Elles assurent la prospection puis un accompagnement de A à Z de chaque Micro-Folie, avant, pendant et après chaque ouverture. Elles font tout pour faciliter dans le temps la vie de chaque projet. Cette collaboration étroite est précieuse pour préparer chaque collection, car chacune m’aide à comprendre les enjeux des territoires.
Il y a bien sûr la relation que j’entretiens avec les 300 partenaires culturels, avec des liens forts avec certains très impliqués dans le projet.
« Tout comme La Villette, Micro-Folie a une multitude d’entrées possibles et sa pluridisciplinarité est vraiment son ADN. »
En quoi le pilotage des Micro-Folies par La
Villette a du sens ?
Tout comme le Musée numérique, La Villette est pluridisciplinaire : spectacle vivant, beaux-arts avec 100% L’EXPO, expositions, diversité de l’architecture… Tout comme La Villette, Micro-Folie a une multitude d’entrées possibles et sa pluridisciplinarité est vraiment son ADN.
Qu’est-ce qui motive votre travail au quotidien ?
C’est beaucoup de travail mais j’adore découvrir les pépites de chaque territoire. J’apprends continuellement et c’est ce qui m’anime.
Ce qui m’encourage, ce sont aussi les retours des médiateurs, quand ils disent : « On a vu cette œuvre de Sophie Calle dans le Musée numérique, et du coup on est allé visiter le FRAC Centre ! ». Une programmation est toujours subjective et donc, quand ça fonctionne, c’est magique.
© Nicolas Krief
© Nicolas Krief
© Nicolas Krief
© Nicolas Anglade
© Nicolas Anglade
© Nicolas Krief
© Nicolas Krief
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© Nicolas Anglade
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