© Crédit photo © @iamgemini____
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« Nous voulons emmener le public avec nous ! » Melissa, du collectif la WAW !

Les élèves de la Seconde CVA du lycée l’Initiative de Paris 19e ont questionné Melissa sur son collectif, et sur les origines du whacking.

Danseuse, chorégraphe, DJ, Melissa fait partie du Collectif la WaW! (What a Whack!) qui organise à la Freestyle Villette une soirée joyeuse qui mixe la musique et la danse et libère les corps. Whacking, clubbing, queer dance, autant de termes qui sont les héritiers du disco, du funk, du hip hop et du rap. Les élèves de la Seconde CVA du lycée l’Initiative de Paris 19e ont questionné Melissa sur cette soirée très spéciale.

Quelle est l’histoire du Collectif ?

Il a été fondé il y a deux ans par Paul, un musicien et danseur, qui a réuni autour de lui des passionnés de whacking et de battle de hip-hop à Lyon, durant les Nuits sonores. Nous sommes quatre. Il y a deux DJ, deux responsables de productions et des danseurs. L’idée, c’est d’emmener le public avec nous. Le format club du Freestyle Villette permet à tous de s’exprimer et de se libérer. Les artistes proposent des moments de performance comme durant un voyage musical. C’est un espace de fête. Il y a plein de styles de musique différentes et chacun peut danser comme il le souhaite. On aime aussi le théâtre, et chacun peut aussi avoir son moment star lorsqu’il descend l’escalier comme durant un défilé de mode !

Qu’est-ce que le « whacking » ?

C’est un style de danse hérité du « punking », initié par des personnes homosexuelles, racisées dans le milieu underground de Los Angeles dans les années 70. Ces personnes étaient marginalisées et se faisaient insulter de « punk ». Il leur fallait des endroits sanctuarisés, où elles étaient protégées de la violence et de l’humiliation. Par cette danse ils ont fait de cette insulte une force de vie pour affirmer leur identité. C’est un style de danse qui mélange tous les genres, le disco, le funk, le hip hop, l’électro. Les chansons parlent d’amour, elles sont très rythmées, comme l’étaient celles de David Bowie ou de Grace Jones. Le whacking permet à chacun de s’exprimer comme il le souhaite, sans se faire agresser ou menacer.

Quelle est la spécificité des chorégraphies ?

Elles sont très esthétiques, avec des moments de poses et une gestuelle cinématographique inspirée des années 50 et des stars de l’époque comme Greta Garbo ou Marylin Monroe. L’influence est aussi largement asiatique avec l’aspect énervé des arts martiaux et une gestuelle concentrée sur les bras. Mais l’aspect théâtral, avec le développement d’un personnage et du maquillage vient aussi du Canada. Il s’agit avant tout de libérer le corps et sa sexualité. On peut s’habiller comme on le souhaite, il n’y a aucune règle, aucun code contraignant.

À qui s’adresse cette soirée ?

Elle s’adresse à tout le monde. Comme elle se déroulera dans un espace intérieur comme dans un club, il faut avoir 18 ans. Mais à l’extérieur nous accueillons tout le monde. Nous tenons à faire de ce dancefloor un lieu de partage et de respect et veillons à poser un cadre contre toute forme de violence ou de harcèlement. Chacun doit se sentir à sa place et en sécurité, qu’il danse ou pas. C’est l’une de nos règles essentielles.

Combien de temps vous faut-il pour préparer un tel événement ?

Une telle soirée nécessite environ trois mois de préparation. Nous devons réfléchir à l’organisation, à la mise en scène de la soirée, aux prix des billets et aux consignes de sécurité et de harcèlement. C’est beaucoup de travail car nous souhaitons proposer un vrai voyage, inoubliable, libérateur, où chacun puisse se sentir véritablement lui-même, libéré des regards suspicieux et agressifs. Le whacking m’a aidé à vivre, et à surmonter des périodes difficiles. Venez nombreux partager cette expérience joyeuse et libératrice.

Ne manquez pas cette soirée

Nouvelle Saison de La Villette
Saison 25/26

Spectacles, événements, expositions, tout y est.